Communiqué de presse du 26 juillet 2013 : Rapport de la Cour des Comptes sur les Renouvelables
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 élever notre niveau de jeu

Le rapport publié par la Cour des Comptes sur les énergies renouvelables a le mérite de mettre les pieds dans le plat : au rythme où celles-ci se développent en France, on n’arrivera jamais à tenir nos engagements internationaux et on laissera échapper les marchés les plus porteurs chez nos voisins.

 

Evidemment, on pourrait regretter les partis pris idéologiques de ce rapport, les nombreuses impasses qui oublient de comparer les coûts de la transition énergétique et ceux du statu quo (parc nucléaire vieillissant, augmentation des coûts de fonctionnement mis en évidence par la CRE, sécurité défaillante qui impliquera des investissements massifs), le fait que tant de représentants d’Edf aient été auditionnés mais aucun de Gdf Suez, ou encore que le biométhane ne soit évoqué qu’une fois et encore en note de bas de page…

 

Mais je préfère retenir en positif que la Cour des Comptes dit qu’il faut sortir de la politique des petits pas sans vision et sans ambition du gouvernement précédent (celle sur laquelle son rapport porte) et ses recommandations indispensables pour que la France tienne ses engagements : simplifier les procédures notamment pour l’éolien (un vrai « choc de simplification »), consolider et élargir les mécanismes de financement au-delà de la CSPE.

 

La transition énergétique n’est pas une option. Elle est nécessaire d’un point de vue écologique et encore plus économique, car la « non-transition » coûterait encore plus cher. La Cour des Comptes aurait été légitime à comparer des scénarios plutôt que des politiques sectorielles, et elle aurait vu que d’un point de vue emplois (400 000 dans les renouvelables en Allemagne contre 30 000 dans le nucléaire français), compétitivité de l’économie, pouvoir d’achat (pour peu qu’on mène parallèlement une politique d’efficacité énergétique), l’avenir n’est pas au vieux monde des vieilles énergies (qui, on le voit, ne veulent pas abandonner leurs dividendes) mais à la transition énergétique combinant Negawatts (économies d’énergie) et renouvelables.

 

Cela nécessite certes une politique d’investissement (comme la France a su l’organiser en d’autres temps pour le charbon, le pétrole, le nucléaire) mais ce sont des investissements productifs, et ce d’autant plus que le business model d’une énergie dont le « combustible » est gratuit et inépuisable (soleil, vent, mer, fleuves, géothermie…) est bien plus durable que s’il est épuisable et de plus en plus coûteux.

 

Il est temps que la France élève son niveau de jeu, et qu’au lendemain du grand débat elle s’engage résolument dans la transition énergétique.

 

Denis Baupin

Vice-Président de l’Assemblée Nationale